Créons dès aujourd'hui le monde de demain

Pan Terra

L’association Pan Terra ambitionne de proposer un modèle sociétal extensible beaucoup plus en phase avec les défis à venir que le modèle actuel. Le déclin énergétique qui nous guette dans la décennie va nous contraindre à réinventer nos modes de vies et ce changement ne pourra se faire dans le calme que si le monde de demain est enviable aux yeux de la majorité. Nous avons décidé d’axer notre centre d’expérimentation autour d’un mode de production alimentaire.

En effet, en relocalisant la production de nourriture à l’échelle d’un groupement d’habitations ou d’un village, il est possible de produire pour tous avec relativement peu de travail.

« Relativement peu de travail ? Travailler la terre n’a jamais été de tout repos ! »

Mais qui vous parle de travailler la terre ? Ces dernières décennies, nous avons acquis en agronomie les connaissances scientifiques qui permettent d’allier productivité (à ne pas mêler au productivisme) et régénération des sols, création de biodiversité et sécurité alimentaire. Il s’agit de l’agroécologie. Malheureusement, ces pratiques et connsaissances ne sont malheureusement pas encore suffisamment visibles. Nous vous invitons à consulter la chaine YouTube de “Ver de terre Production” qui fait un travail immense dans ce sens.

Le modèle de la “forêt-jardin” permet de réduire le temps et l’intensité du travail en comparaison à un modèle plus conventionnel. Continuez de lire pour comprendre pourquoi et comment 🙂

Succession écologique : processus naturel d’évolution faisant tendre n’importe quel terrain vers un état stable : la forêt.

Le raisonnement est simple :

  1. Observez la nature, ou plus précisément une forêt. Cette dernière, sous des latitudes pas trop extrêmes, est le stade final de la succession écologique. Cela veut dire qu’un terrain laissé à lui-même durant plusieurs dizaines d’années finira par se transformer en forêt pour continuer d’évoluer en forêt durant des milliers d’années sauf perturbation extérieure type incendie, glaciation, etc.
  2. De là, il semble peu risqué d’affirmer que le stade « forêt » de la succession écologique est l’état le plus stable.
  3. Qui dit stabilité dit résilience et résistance. En effet, qui a déjà vu une forêt se faire réduire à néant par une maladie ? Personne sur cette planète ! La nature a pensé à tout : elle ne met jamais tous ses œufs dans le même panier contrairement à l’homme qui cultive des hectares en monoculture.
  4. Remplacez maintenant toutes les plantes d’une forêt habituelle par des plantes comestibles : arbres à noix, arbres fruitiers, plantes grimpantes, plantes herbacées, plantes aquatiques, plantes racines etc.
  5. Vous disposez maintenant de ce qu’on appelle une « forêt-jardin » (aussi appelée jardin-forêt, forêt comestible, forêt nourricière, forêt fruitière et autres). Les plantes qui la composent sont pour la majorité des plantes vivaces, c’est-à-dire qu’elles continuent à vivre et à produire d’année en année sans intervention. Et c’est là la clé du temps de travail réduit : les plantes pérennes.

Agriculture traditionnelle.

Forêt-jardin de Graham Bell en Écosse ([1] page analyse).

Comme la forêt-jardin se rapproche plus de l’état écologique final qu’un champ situé en début de succession, en plus de sa résilience, elle a l’avantage de nécessiter très peu de maintenance et continue de produire par elle-même. Un centre de recherche en Angleterre l’estime à une vingtaine de jours de travail par année [27] pour l’autonomie alimentaire quasi-totale d’une personne, le travail principal étant la cueillette. Ce chiffre ne prend pas en compte tout le travail de logistique permettant de stocker les aliments pour l’hiver ni le temps de travail nécessaire à la culture de plantes annuelles qui permettent de diversifier les sources caloriques. Une fois que le système est mature : plus besoin de désherber, d’arroser (sauf sécheresse), de fertiliser, de semer (sauf plantes annuelles), de planter ou de traiter. Il suffit de venir se servir.

Qui arrose une forêt ? Qui fertilise une forêt ? Qui désherbe une forêt ? Qui laboure une forêt ? Tout simplement personne 🙂

Nous tenons à préciser qu’il s’agit de systèmes à peu près entièrement gérés à la main. Ces systèmes ne sont donc pas compétitifs sur le plan économique pour le moment mais pourraient le devenir avec une contrainte sur l’énergie.

Évidemment, tout ceci n’est pas possible sans quelques connaissances en botanique mais l’apprentissage vient sans difficulté quand on peut manger ce qu’on apprend.

On nous demandera : « Oui mais, est-ce réellement souhaitable de mélanger autant de plantes qui, naturellement, ne se seraient pas retrouvées mélangées les unes aux autres ? ». Le constat qui est fait dans toutes les forêts-jardins est le suivant : augmenter la biodiversité – même de manière artificielle au début – ne contribue en rien à déséquilibrer le système autochtone. Elle aurait même tendance à offrir un habitat à des espèces de niche qui ont de plus en plus de difficulté à trouver refuge dans nos haies de tuyas. Il est évidemment nécessaire de se renseigner avant d’importer des espèces étrangères dans le cas où elles seraient de nature invasive.

Certains pourront rétorquer que ça on connait, ça marche bien au Brésil où tout pousse en une nuit mais par chez nous, le climat est plus rude. Eh bien sachez qu’une forêt-jardin a vu le jour il y a plusieurs années en Suède. Chaque climat permettra d’y implanter une quantité limitée de plantes différentes mais les possibilités restent immenses même dans notre pays. En Suisse, des forêts-jardins sont en émergence de partout actuellement.

On nous demandera aussi peut-être : « Mais ça veut dire qu’on mangerait que des fruits et des légumes ? Où sont les calories ? ». Les calories viennent des arbres à fruits à coque (châtaigner, noisetier, noyer, chêne à gland doux, etc), des plantes à tubercules (pommes de terre, patate douce, yacon, oca, capucine tubéreuse, chataîgne de terre, cerfeuil tubéreux, maceron, etc), des légumineuses (haricots secs, fèves, soja, lupin, etc) et des céréales (maïs, sorgho, blé, etc) ou pseudo céréales (amarante, quinoa, sarrasin, etc). On peut constater que la palette est immense, la seule limite étant l’imagination. Certaines sources comme le blé demanderont évidemment plus de travail que d’autres comme les pommes de terre par exemple.

Et la viande ? La production animale peut tout à fait faire partie du système si le terrain est suffisamment grand. Il faut cependant assurer de pouvoir être présent tous les jours contrairement à la production végétale seule.

Pour résumer : imaginez une société dont la nourriture proviendrait majoritairement de forêts-jardins ou de petits producteurs locaux. Chaque village, ville ou groupement d’habitations serait à proximité de forêts-jardins pour permettre à chaque habitant de se nourrir convenablement. Dans un tel système, chacun pourrait continuer d’exercer une activité professionnelle à temps partiel pour le bon fonctionnement global d’une société, certes en décrue énergétique et matérielle mais d’une société quand même.

Le projet Pan Terra a justement pour vision de faire cette expérience à petite échelle et de montrer la voie à ceux qui choisiront de la suivre.

“Avons-nous l’audace d’imaginer un monde dans lequel la bouffe ne proviendrait pas des supermarchés mais d’espaces boisés luxuriants ?”

nous osons espérer que oui…

Vous vous demandez probablement pourquoi un système aux apparences si prometteuses n’est pas plus répandu. Dans ce cas, veuillez consulter la page FAQ. Si la question du rendement d’un tel système vous intéresse, allez directement à la page Analyse. Nous vous invitons également à visionner les vidéos proposées en bas de la page pour voir différents exemples de forêts-jardins déjà arrivées à maturité.

Notre centre d’expérimentation :

Nous sommes en train de créer un lieu de vie en forêt-jardin permettant aux membres de l’asso ainsi qu’aux bénévoles et visites de venir y passer du temps et de partager de la nourriture produite directement sur place. L’objectif principal de ce lieu est la promotion du système ainsi que le partage des connaissances utiles à sa création et à son maintien.

Ci-dessus notre parcelle expérimentale qui est en évolution constante.

Ampleur du projet :

Nous cultivons actuellement une parcelle de 7760 m2 près de Belfaux (Fribourg) de manière à ce qu’une forêt-jardin expérimentale y grandisse. Ce terrain a comme fonction secondaire de fournir gratuitement de futurs projets de forêts-jardins en semences et boutures pour accélérer la transition à l’échelle Suisse.

Notre but final n’est pas vraiment de faire grossir l’association indéfiniment mais plutôt de donner les outils (théoriques et pratiques) aux porteurs de projets pour qu’un maximum de forêts-jardins émergent un peu partout.

Financement :

Le terrain que nous cultivons actuellement nous est mis à disposition pour un montant symbolique. Les arbres, semences et outils nécessaires à l’entreprise sont financés au cas par cas soit par du parrainage, soit par l’association ou par les membres eux-mêmes.

L’association étant à but non lucratif, cette dernière ne permet pas de rémunérer ses membres (autrement que par la nourriture produite). Chacun des membres doit donc conserver une source de revenu en parallèle.

Avancement du projet :

Notre association se compose actuellement de 7 membres actifs et de 2 membres simples. Les tâches auxquelles nous nous attelons sont les suivantes :

  • Expérimentation sur notre parcelle à Grolley;
  • Visites, chantiers et partage pour diffuser le savoir agronomique minimal permettant aux gens de s’autonomiser sur le plan alimentaire;
  • Mise en ligne d’une série sur la sécurité alimentaire suisse “Les racines de la souveraineté”.

Le teaser de la série en question :

Une vidéo de notre propre chaîne :

Présentation du concept de forêt-jardin par Martin Crawford en Angleterre :

 

 

Autres vidéos sur le sujet :

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Creators : Jérémy, Yvan, Oliver, Zachary

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